La mode sous l’Occupation

Durant la seconde guerre mondiale en France, on assiste à une pénurie de vêtements (d’ailleurs, c’est un manque global, pas uniquement vestimentaire).

Il faut aussi savoir qu’en octobre 1940 a été créé un comité d’organisation du vêtement qui permettait de répartir les textiles.
La même année, le cuir est lui aussi soumis à une réglementation très sévère alors qu’il est énormément utilisé, ne serait-ce que pour les chaussures. D’ailleurs peu de temps après, les chaussures aux semelles trop épaisses seront interdites, il en va de même pour les grands sacs en cuir, et les ceintures se voient imposer une largeur maximale (de 4cm).

La restriction vestimentaire la plus connue est sans doute celle qui a touché les bas de soie. On se les procurait grâce à des bons donnés par la mairie. Ce bon permettait d’en avoir une paire par personne. Comme les bas étaient un élément indispensable dans la garde robe d’une femme de l’époque, il a fallu ruser. C’est la parfumerie Elisabeth Arden qui a trouvé la solution : elle a inventé une lotion pour se teindre les jambes et également un crayon afin de dessiner le trait derrière la jambe caractéristique des bas de soie de l’époque.

La haute couture est également touchée. Elle ne doit produire que 100 modèles et doit changer les matières qu’elle utilise. Du fait de l’arrêt des importations, il n’y a quasiment plus de coton et de laine. C’est la raison pour laquelle les couturiers se tournent vers des matières jusqu’ici peu utilisées, comme la viscose par exemple. Cette utilisation de nouveaux textiles se poursuivra bien après la guerre, jusqu’aux années 60.
Pour remplacer le cuir, ils utilisent le caoutchouc ou la paille tressée entre autres.
Aussi, les créateurs doivent récupérer les fils sur d’anciennes tenues pour pouvoir en faire de nouvelles.

Mais la réglementation est très stricte : en avril 1942, les créateurs n’ont plus le droit de créer de pantalons à revers, de vestes à soufflets et ne doivent pas dépasser une certaine taille pour les ourlets. Quelques temps après, c’est la création de vestons et de blouses à col marin qui est interdite.

Pour obtenir de nouveaux vêtements, les hommes et les femmes avaient des cartes de points textile qui fonctionnaient de la même manière que les tickets de rationnement pour la nourriture. Pour avoir de nouveaux vêtements, il fallait en avoir besoin. Il y avait d’ailleurs une liste au-dessous de laquelle une femme avait le droit d’aller en demander : deux robes, deux tabliers, un imperméable, deux paires de gants d’hiver, un manteau d’hiver, trois chemises de jour, deux combinaisons, trois culottes, six paires de bas, six mouchoirs.

Les magazines féminins (comme Le petit écho de la mode ou Marie-Claire) ont joué un grand rôle pendant la guerre puisqu’ils donnent aux femmes des conseils comme par exemple de choisir des vêtements qui durent plus d’une saison ou bien encore de faire des robes elles-mêmes avec plusieurs morceaux de tissus récupérés (c’est d’ailleurs à cette époque que se développe les marchés aux puces!)

La mode masculine est autant (voire plus) touchée que la mode féminine. A cause des restrictions textiles, les costumes sont privés de plis, soufflets, empiècements… et le pantalon n’a plus droit qu’à une seule poche.
On voit alors naître la mode du Zazou (inspirée du zoot suit qui est afro américain) : des vestes beaucoup trop grandes avec des pantalons serrés au dessus de la cheville, cravate et soquettes blanche.

Bien que le secteur de l’habillement ait donc été très touché, le gouvernement met quand même en avant une mode, celle du tailleur très structuré et très sobre, qui n’est pas sans rappeler les tenues militaires de l’époque.

Le contexte de l’Occupation change les attentes que l’on a d’un vêtement. C’est à présent le côté pratique qui l’emporte sur les autres (en effet, pour les femmes il y avait énormément de déplacements à vélo par exemple).

Mais le gouvernement va encore plus loin que le fait de lancer une mode, il l’utilise comme moyen de propagande. Et c’est un accessoire très précis qui est utilisé à cette fin : le foulard. Colombet (un soyeux lyonnais réputé) sort une collection de foulards intitulée « les carrés du Maréchal » et même la maison Hermès sort le foulard « Retour à la terre ». (voir image ci-dessous)

Les semelles en bois sont à la mode en ce qui concerne la chaussure. Cette mode s’étend jusqu’en zone libre, là où les restrictions sont moins importantes. Les créateurs inventent des chaussures en différentes matières comme le feutre, la paille… et une petite exposition a lieu le 14 juillet 1941 afin de faire connaître ces créations au public. C’est ainsi que l’espadrille notamment rencontre un grand succès pour l’été.

Le sac à main lui aussi connaît un grand changement : les grands sacs se voient munis d’un compartiment pour dissimuler un masque à gaz et les sacs en bandoulière connaissent un grand succès en raison du fait que nombreuses sont les personnes obligées de se déplacer à vélo.
Par ailleurs, le chapeau devient un symbole de résistance. Le plus connu est sans doute le chapeau bibi qui a tout d’abord été porté vers le front, puis à l’arrière de la tête pour finir par avoir une taille démesurée.

 

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